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Dans les premiers temps de son voyage, le Héros a trouvé son mentor, affronté des épreuves et gagné quelques victoires. Mais au-delà de ses succès matériels, il a reconnu qu’il devait poursuivre l’aventure pour gagner le véritable trésor, au-delà de l’épreuve du dragon. Mais le choix n’est pas si simple…

Alexis – Bonjour Christian ! 

Christian – Bonjour Alexis. Je suis ravi de te retrouver. Notre conversation de la semaine dernière m’a laissé songeur. J’ai repensé aux personnes que j’ai pu accompagner dans leur parcours de développement des talents. J’ai vu qu’ils s’arrangeaient parfois pour ne pas faire le voyage en entier. J’ai vu qu’il y a eu plusieurs faux départs dans leurs parcours …

Alexis – Des faux départs ou des voyages un peu raccourcis ? Il ne faudrait pas être trop sévères avec nous-mêmes. Le voyage du Héros est un chemin exigeant. Et à moins de consacrer sa vie entière à cette quête, il ne nous est pas donné de tout accomplir d’une seule traite. C’est comme faire le chemin de Compostelle à pied. Nous sommes nombreux à avoir fréquenté le chemin, mais bien peu savent se donner le temps -et le courage- de l’accomplir en totalité en un seul parcours. Nous composons avec nos vies et nous nous offrons quelques jours par an pour en accomplir une partie et la suite une autre année. Et bien je crois que pour le voyage du Héros, c’est un peu la même chose. Nous faisons des compromis. Ce n’est guère glorieux et en même temps c’est banal. C’est pour cela que ceux qui vont au bout de cette quête exigeante de la réalisation de soi sont des Héros. Et c’est pour cela que nous sommes là à mettre en lumière ce chemin.

Christian – Oui. Nous manquons parfois de courage pour reconnaître que nous faisons fausse route en croyant pouvoir composer ainsi avec l’exigence de notre réalisation. Entre le confort et la facilité du connu et l’inconfort du cheminement intérieur, nous hésitons… C’est de cela que parle cette étape nommée « le dilemme » ?

Alexis – Oui. Le dilemme est cette huitième étape qui suit la rencontre avec le dragon. Mais le dilemme est aussi à chaque étape. Mais commençons ici. Le dilemme est une étape qui rappelle celle de l’appel. Il nous invite à vérifier que nous avons bel et bien entendu l’appel. Le dilemme est associé au poignard. Cela nous indique qu’il y a quelque chose à couper, comme une entrave qui nous empêche d’avancer. C’est un appel à quitter le monde d’avant pour oser l’aventure de la nouveauté. Dans cette étape, le Héros doit choisir entre le trésor matériel et le trésor spirituel. Dans les films, on voit parfois un personnage qui est littéralement plombé d’avoir voulu se remplir les poches d’or et qu’il est devenu trop lourd pour s’enfuir. Il doit couper la corde avec laquelle il avait attaché à lui le coffre au trésor. Sinon, il reste coincé dans la caverne. 

Christian – Je revois la scène dans Indiana Jones ou dans d’autres films. C’est un classique en effet. Je vois l’équivalent dans la quête de chacun sur le chemin de l’accomplissement des Talents. Pour développer un nouveau talent, il est souvent question d’avoir à renoncer à ses anciennes habitudes. Par exemple, pour apprendre à nager, il faut lâcher le bord de la piscine. Ou pour apprendre à agir « sans règle et sans routine » – c’est une compétence que l’on travaille dans les bilans de Talents – il est nécessaire de quitter ses habitudes. Et parfois cela peut être très insécurisant. On y tient car elles ont été nécessaires dans sa vie, pendant un temps en tout cas. Mais ce temps est peut-être révolu. C’est ce travail de discernement, et de renoncement, que permettent nos accompagnements : faire le tri entre ce qui reste nécessaire et ce qui peut maintenant évoluer.

Alexis – Le Héros est celui qui a réussi à ne plus s’identifier à ses anciennes habitudes. En cela, il devient un homme neuf. L’entrée dans la caverne et la rencontre du dragon l’invitent à faire l’ascèse de ses conditionnements passés. C’est abandonner ses habitudes émotionnelles, ses attachements affectifs et mentaux.

Christian – C’est la même chose. Le mental est bien souvent ce qui entretient nos réactions émotionnelles. Parfois, il nous maintient dans le passé ou s’inquiète du futur. Il peine à rester uniquement dans le présent. Alors, il alimente l’avidité et la colère. C’est pour cela que la méditation et toutes les pratiques qui nous permettent d’être davantage dans le présent et dans le cœur sont si puissantes.

Alexis – Et nécessaires, en effet. Mais pour devenir soi, devenir un individu libre et indépendant, il nous faut de l’aide. L’individu seul ne peut affronter le collectif dont il est issu sans une aide extérieure. C’est pour cela que le mentor apparait pour aider le Héros à franchir le seuil. 

Christian – Tout à fait. Et c’est la fonction que nous donnent nos clients lorsque nous les accompagnons dans la quête de leurs Talents. Je me souviens du cas de Lydia. Il s’agit d’une jeune femme qui m’était envoyée par son père. C’est le papa qui finançait l’accompagnement me disant qu’il espérait, grâce au travail que nous allions faire ensemble, que sa fille trouverait sa voie et cesserait les petits boulots sans avenir. En fait, le bilan a bel et bien été un choc pour Lydia. Elle a compris où étaient ses véritables Talents, sa motivation et donc elle a compris vers quoi elle devait aller. Elle a décidé d’ouvrir une boutique de vêtements de sport. Et parallèlement à cela, elle développait des petits programmes d’entraînement qu’elle proposait à ses clients. Et ça marchait très bien. Au point qu’elle envisageait d’ouvrir une seconde boutique dans une ville proche. Mais, là, elle a dû affronter les jugements de son père. 

Alexis – Ce n’est pas ce genre d’avenir qu’il voulait pour sa fille, c’est cela ? 

Christian – Il faut croire. Il était issu d’un milieu de fonctionnaire et j’imagine qu’il aurait préféré voir sa fille suivre une voie plus « sérieuse », à l’image de la sienne, en tout cas. L’entrepreneuriat, la vente de fringues et le coaching, n’était pas ce qu’il avait rêvé pour sa fille. La conséquence pour Lydia, est qu’elle a dû prendre un appartement pour s’éloigner de ses parents et être tranquille pour mener à bien son chemin. Et c’était tout à fait possible car elle gagnait maintenant très correctement sa vie. 

Alexis – Elle avait trouvé sa voie et donc elle réussissait très bien, c’est génial. Et tu vois, c’est cela le travail du mentor. C’est permettre d’aider le Héros à couper avec les liens du passé pour vivre son propre chemin d’accomplissement personnel, au-delà des schémas parentaux, sans culpabilité ni égoïsme. Mais pour servir une cause plus grande que soi.

Christian – Tout à fait. Et c’était bien le dilemme à résoudre. En choisissant de faire ce qu’elle aimait, c’est-à-dire se mettre au service des autres, elle a réussi son entreprise. Et en faisant cela, elle s’est réalisée en s’affranchissant des cadres limitants que cherchait à lui imposer sa famille. Une très belle réussite pour cette jeune femme. 

Alexis – Bravo Christian de lui avoir permis de réaliser cela. A la semaine prochaine pour un autre épisode de ce voyage du Héros.

Pour découvrir le programme de la formation : Le voyage du Héros – Activez vos Talents